Le Livre bleu

La Racine Zamoraine

 

Oyez, oyez ! Levez en haut les drapeaux ! Qu’un tambour résonne et amenez par les brides un poulain de poudre et un orage, parce qu’Ezequiel Zamora se réveille ! (…) Et que le chœur des vents ainsi que de l’aube rougissante vienne !
Parce qu’Ezequiel Zamora est déjà avec le peuple et une tempête s’annonce !

César Rengifo
[Ce que la tempête a laissé, 1961.]

C’est le modèle qui complète la trilogie idéologique du projet politique qui ressort présentement du ventre de l’histoire nationale. Il est composé d’une synthèse philosophique qui oriente la pensée, celle qui a fait frissonner l’oligarchie conservatrice quand Ezequiel Zamora, « Le Général du peuple souverain », a annoncé ses énormes consignes fédérales :
« Terres et hommes libres ».
« Élection populaire ».
« Horreur à l’oligarchie ».

Voici le troisième volet idéologique qui nourrit notre projet politique : La Racine zamoraine, située dans un temps historique plus contemporain et incorporée symboliquement à la composante systématique, avec l’E de ce nom terrible : Ezequiel.

L’inspiration du général Zamora vient des mêmes racines : robinsonienne et bolivarienne. Son discours porte le même sceau du grand dilemme existentiel. Il a inventé les mécanismes de l’insurrection paysanne de 1846, pour errer et réinventer la façon de mener la Révolution de 1858.

En 1846, il invite ses contemporains à :
Avancer avec une impérieuse nécessité, à tout prix et contre quiconque qui s’oppose, pour nous libérer du joug de l’oligarchie ignominieuse et mener enfin à bout les grandes conquêtes qui ont été l’objet de l’indépendance.
Zamora a inventé l’État fédéral de Barinas en lançant, le 21 mai 1859, une proclamation incendiaire :
Sur les ruines de la dictature par Julian Castro le 5 mars passé, accompagnée par l’oligarchie vieillie, vous érigerez le Gouvernement fédéral qui assure pour toujours la liberté, l’égalité et la fraternité, dogme de la Véritable République.

Les éléments conceptuels du modèle idéologique zamorain gardent un rapport étroit avec l’invention robinsonienne et la grandeur de la vision géopolitique du modèle bolivarien. Lesdits éléments se voient dans la grande quantité de documents produits par le Général du peuple souverain. Considérons comme évidence la Manifestation contre les consuls étrangers citoyens qui résidaient à Puerto Nutrias le 9 juin 1859 :

La province de Barinas, utilisant sa souveraineté radicale, s’est séparée du gouvernement central et a constitué son État fédéral pour se gouverner elle-même avec ses propres lois, pendant que la convention populaire des provinces unies du Venezuela, se réunit. L’État de Barinas ne peut pas cesser d’être reconnu comme membre de la société des nations, étant donné qu’il se gouverne avec des lois positives qui émanent de lui-même, et il a établi les autorités qui dirigent ses membres et les représentent.

Il continue à inventer en ordonnant l’application de mesures destinées à la faveur des majorités pauvres :
1. Cinq lieues de terre carrées aux quatre points cardinaux pour l’usage commun de chaque ville, village ou zone rurale.
2. Élimination du système de recouvrement de location pour l’utilisation de la terre pour de fins agricoles ou d’élevage.
3. Fixer les salaires quotidiens des ouvriers selon leurs tâches.
4. Les propriétaires fonciers doivent, de façon permanente, fournir dix vaches nées aux terres communes pour approvisionner quotidiennement, et ce, gratuitement, une bouteille de lait à chaque ménage pauvre.

 

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Hugo Chavez Frias


"L’Amérique ne doit pas imiter servilement, mais être originale."